Par : Espoir
ti Zandoli
Inscrit depuis le 08/08/2006
Ville : mmmmmmmmmmmmmm,
|
| Les candidats à la présidentielle répondent au CRAN Posté le : 26/02/2007 (00:16)
|
LES
CANDIDATS REPONDENT AU CRAN
*
Réponses au questionnaire
du CRAN
Paris le 22 février 2007
*
PREAMBULE
A
l’aube du troisième millénaire, les Noirs sont encore confrontés
à des préjugés séculaires. Ces préjugés se traduisent notamment
par des discriminations raciales dans différents domaines de leur vie,
notamment dans l’accès à l'emploi, à la formation, au logement,
aux responsabilités sociales, économique et politiques. Une fédération
des associations noires en France est mise en place pour rompre avec
cette logique de stigmatisation et de discrimination. A travers cette
Fédération, les populations noires entendent défendre leurs droits
tout en assumant leurs obligations au sein de la société française.
Cette instance entend interpeller les pouvoirs publics et les différentes
composantes de la société française pour
œuvrer au respect de la diversité et pour favoriser les valeurs républicaines
inscrites dans la constitution française.
Sommaire
1. RAPPEL
DES 15 QUESTIONS
2. REPONSE DES CANDIDATS
DOMINIQUE VOYNET (les verts)
MARIE GEORGES BUFFET (PC)
SEGOLENE ROYAL (PS)
FRANçOIS BAYROU (UDF)
NICOLAS SARKOZY (UMP)
1. Quels sont vos projets en
matière de lutte contre les discriminations ?
2. Etes-vous favorable à l’usage
des statistiques de la diversité afin de lutter contre les discriminations
raciales ?
3. Les populations noires étant
particulièrement exposées au chômage, comment pensez-vous vous y
prendre pour qu’elles ne soient pas les oubliées de la croissance
et de l’emploi ?
4. Quels dispositifs pensez-vous
mettre en place en matière de logement social ?
5. Quels projets avez-vous pour
contribuer au « mieux-vivre » dans les banlieues ?
6. Quelles réformes pensez-vous
adopter à propos du statut des DOM-TOM ?
7. Quelle mesure pensez-vous
prendre pour remédier au défaut de continuité territoriale pour les
DOM-TOM, notamment en matière de transports aériens ?
8. Que pensez-vous de la reconnaissance
politique et culturelle de la langue créole ? Souhaitez-vous vous y
engager? Et si oui, comment?
9. Quelle est votre vision des
relations entre les anciennes colonies d’Afrique et la France ? Comment
pensez-vous rendre plus équitables les coopérations politiques et
économiques dans ce domaine ?
10. Quelles mesures pensez-vous
prendre en matière d’immigration ? Comment pensez-vous faire pour
que ces mesures ne contribuent pas à renforcer la précarité, le racisme
et la xénophobie ?
11. Etes-vous favorable au droit
de vote des résidents non communautaires ? Pour quelles élections et
à partir de quand ?
12. Pour ce qui est des populations
noires, quelle politique de la mémoire pensez-vous mettre en place ?
Quelle place doit avoir l’école selon vous dans cette perspective ?
13. Etes-vous prêt à vous engager
en faveur d’un grand centre international des cultures noires en France
?
14. Comment pensez-vous procéder
pour que la lutte contre l’insécurité ne stigmatise pas davantage
les jeunes, les Noirs, les Beurs ?
15. Quel projet d’avenir avez-vous
à proposer à la jeunesse de ce pays ?
2. LES REPONSES
DES CANDIDATS
1. DOMINIQUE
VOYNET (les verts)
1. Quels sont vos projets en matière
de lutte contre les discriminations ?
Par leur ampleur, leur institutionnalisation, leur impunité, les
discriminations ont des conséquences très graves et constituent un
danger pour la démocratie ; elles minent notre République, qui ne
peut répondre à ces défis urgents en se réfugiant derrière l’universalisme
abstrait d’un modèle totalement virtuel.
Les discriminations ne sont pas le fait uniquement d’individus ; elles
font en fait aujourd’hui système. Elles sont caractéristiques d’un
fonctionnement général de notre société. Les Verts refusent cet
état de fait, ils sont profondément attachés à l’égalité effective
et à la diversité – des langues, des minorités, des modes de vie,
des cultures.
Refuser les discriminations, c’est vouloir réformer radicalement
notre système politique et social.
Il faut rendre efficaces les outils existants et changer les pratiques
sociales.
Il existe des outils juridiques en matière de lutte contre les discriminations.
Cependant, la plupart des plaintes sont aujourd’hui déqualifiées
ou classées sans suite. Les Verts veulent la mise en place
d’une évaluation des outils existants et une analyse des dysfonctionnements
pour adapter en temps réel notre système législatif et administratif.
Je suis favorable à la mise en œuvre d’outils qui qualifient et
quantifient les discriminations dans tous les secteurs de la société
en prenant en compte toutes les discriminations. Il faut rendre visible
l’invisible. Cependant, cette utilisation des statistiques de la diversité
doit être faite dans le respect du droit, notamment sous contrôle
de la CNIL, et obéir à des protocoles établissant la nature et
l’utilité des études concernées.
Pour rendre possible le recours à la loi pour celles et ceux qui sont
victimes de discriminations, je souhaite un aménagement de la charge
de la preuve en matière civile et commerciale pour les personnes physiques
et morales de même nature qu’en droit du travail. En effet, s’il
est prouvé une différence de traitement manifeste, il reviendra à
la personne incriminée d’apporter la preuve qu’il ne s’agit pas
de discrimination mais d’un traitement objectif.
Il est indispensable de doter la Halde d’un véritable budget à la
hauteur des enjeux et de lui assigner une mission d’intervention contre
les discriminations, en permettant que les citoyens puissent la saisir ou qu’elle puisse aussi s’auto-saisir.
Je rappelle également que la lutte pour l’égalité effective et
l’accès à une pleine citoyenneté est un combat commun avec les
personnes LGBT et les citoyens handicapés.
Je suis donc favorable à une égalité totale des droits indépendamment
de l’orientation sexuelle en matière de mariage civil, de procréation,
d’adoption et d’autorité parentale.
Je veux réintégrer dans l’espace politique et juridique commun les
politiques en direction des personnes en situation de handicap.
Je crois qu’il faut mettre en actes une politique visant à promouvoir
activement la diversité. Quel que soit le terme employé, il est question
d’imaginer des dispositifs qui permettent de mettre fin à l’absence
de diversité dans trop d’instances politiques, économiques et sociales.
La nature de ces dispositifs doit faire l’objet d’un grand débat
national.
2. Etes-vous favorable à l'usage des statistiques de la diversité
afin
de lutter contre les discriminations raciales ?
L’utilisation des statiques de la diversité doit se faire dans
le respect du droit et avec les précautions d’usage sur des données
qui ont pu être utilisées à des fins funestes au cours de l’histoire.
Ma réponse est positive.
Je crois qu’il est utile de rappeler comme le fait souvent le CRAN
que la statistique ethno-raciale est fondée sur l’auto-déclaration
: aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, ce sont les intéressés eux-mêmes
qui répondent à la question. Personne ne décide pour eux. Les réponses
sont
facultatives.
3. Les populations noires étant particulièrement
exposées au chômage,
comment pensez-vous vous y prendre pour qu'elles ne soient pas les
oubliées de la croissance et de l'emploi ?
En ce qui concerne la lutte contre les discriminations à l'embauche
des populations noires, les solution sont les mêmes que pour toutes
les autres catégories de population d'origine étrangère trop souvent
écartées des emplois, quelles que soient leur qualification.
Comme je l'ai dit plus haut, je suis favorable à la mise en œuvre
d’outils qui qualifient et quantifient les discriminations dans tous
les secteurs de la société en prenant en compte toutes les discriminations.
Je veux aussi rendre possible le recours à la loi pour celles et ceux
qui sont victimes de discriminations, en aménageant, comme cela est
possible dans le droit du travail, la charge de la preuve en matière
civile et commerciale pour les personnes physiques et morales. S’il
est alors prouvé une différence de traitement manifeste, il reviendra
à la personne incriminée d’apporter la preuve qu’il ne s’agit
pas de discrimination mais d’un traitement objectif.
Cependant, si les discriminations prennent une telle ampleur dans le
schéma français c'est parce qu'elles ne sont pas le fait d'un ou de
plusieurs individus, mais celui d'un système qui les organise et les
généralise. Elles sont caractéristiques du fonctionnement général
de notre société et d'unecertaine conception de la démocratie. Il
faut aussi agir en amont et, je le répète, mettre en actes une politique
visant à promouvoir activement la diversité. Quel que soit le terme
employé, il est question d’imaginer des dispositifs qui permettent
de mettre fin à l’absence de diversité dans trop d’instances politiques,
économiques et sociales. La nature de ces dispositifs doit faire l’objet
d’un grand débat national.
4. Quels dispositifs pensez-vous mettre en place en matière
de logement
social ?
Il y a dans notre pays un manque criant de logements sociaux adaptés
aux plus démunis. On construit mais souvent ce sont des logements intermédiaires,
laissant de côté en fait les plus pauvres, dont une
grande part des populations noires fait partie.
Il faut donc lancer un véritable plan
d’urgence de construction de un million de logements sociaux de Haute
Qualité Environnementale en 5 ans et rénover et isoler les bâtiments
insalubres. Pour cela, il est nécessaire de rendre effective la loi
de Programmation de construction de deux cent mille logements sociaux
par an (PLAI, PLUS) et écologiques (pour réduire en particulier les
charges de chauffage et d'électricité) par an.
Il convient aussi de faire appliquer strictement la loi SRU et lorsque
les maires n'appliquent pas le taux de 20 % pour la réalisation du
logement social, le Préfet doit pouvoir de substituer à l’édile.
Cette obligation sera étendue à toutes les intercommunalités de 50
000 habitants. L'amende faite aux communes qui ne respectent pas ce
pourcentage sera multipliée par dix.
Il faut, de plus, appliquer la loi de réquisition foncière dans les
communes : trop de logements restent vacants, certains le sont parce
que leurs propriétaires attendent que les prix augmentent encore davantage.
Cela est intolérable.
Les avantages fiscaux de type Robien qui pèsent sur les finances publiques
et qui ne contribuent pas à l'équité sociale dans le logement, seront
supprimés.
Enfin, la lutte contre les discriminations dans le logement doit s'accompagner
de la création d'un corps d'inspecteurs du logement formés et disposant
des moyens humains et matériels suffisants pour effectuer des contrôles
dans tous les domaines concernant le logement. Afin de lutter contre
les discriminations dans l'attribution des logements sociaux, il convient
de ne conserver que les données nécessaires pour répondre aux critères
d'attribution des logements sociaux, afin que les procédures soient
anonymes, et de rendre obligatoire la motivation détaillée des refus
des demandes de logement, tant dans le secteur privé que public.
5. Quels projets avez-vous pour contribuer au « mieux-vivre » dans
les
banlieues ?
Les révoltes de novembre 2005 nous interpellent, nous forcent à
questionner les échecs des politiques publiques et nos propres limites.
Les causes profondes de tels événements sont à chercher dans une
situation sociale détériorée, dans les échecs répétés des politiques
de la ville, de l’emploi, de l’éducation, du logement, de l’égalité
des
droits, des transports, de la qualité de l'environnement, etc. Nous
sommes, dans ces quartiers, encore plus qu'ailleurs, confrontés à
des urgences sociales, environnementales et démocratiques. Il ne s’agit
pas uniquement d’urbanisme.
C’est donc toutes les politiques publiques qu’il faut revoir : relocaliser
l’économie, maîtriser les coûts du logement, offrir des alternatives
avec une ville plus accueillante, des réseaux de transports
en commun plus efficaces que l’automobile.
Nous demandons la gratuité des transports publics à l’échelle de
l’agglomération. En effet, le prix élevé des transports, du point
de vue de l’écologiste que je suis, est une incitation à privilégier
la
voiture. Ce qui a notamment pour conséquence une quasi-assignation
à résidence des habitant-e-s de banlieue, qui n'ont pas toujours les
moyens d'acquérir un véhicule. La discrimination sociale se double
ici d’une ségrégation territoriale. Le coût de la gratuité peut
être financé par un impôt local équivalent, ce qui aurait ainsi
un effet socialement redistributif, puisque l’impôt est proportionnel.
De plus, la gratuité permet de faire de l’économie de tout le dispositif
de contrôle. Il faut
développer les transports publics inter-banlieues et accroître l’offre
des transports, qui doivent fonctionner à une fréquence plus élevée
et plus tard en soirée.
Pour englober certaines de ces réformes nécessaires à un aménagement
du territoire et un urbanisme écologique et solidaire, je veux mettre
en oeuvre une grande loi d’orientation d’affectation et d’usage
des sols (LAUS). Les objectifs de cette loi seront de donner aux collectivités
territoriales et aux établissements publics de coopération intercommunale
(EPCI) la capacité de mobiliser les ressources foncières pour faire
face à la crise sociale du logement et permettre un équilibre du territoire
urbain et rural entre habitat, activités, espaces publics, espaces
naturels. Elle visera également à stopper l'étalement urbain et à
lutter contre les spéculations foncières et immobilières, de permettre
le maintien de la mixité sociale urbaine par le logement, les activités,
les loisirs...
Des financements spéciaux doivent être débloqués pour les aménagements
contre le bruit des voies routières aux abords des logements sociaux,
qu’ils soient nouveaux ou anciens (application rétroactive de la
loi sur le bruit).
En s’inspirant des jardins ouvriers, il convient de permettre l’accès
aux habitants des banlieue à des “jardins de poche” ou jardins
familiaux pour faire la promotion d’une agriculture domestique saine
tout en multipliant les lieux de rencontre entre les habitants.
6. Quelles réformes pensez-vous adopter à propos du statut des
DOM-TOM ?
Les difficultés de l’Outre-Mer français sont connues : démographie,
taux de chômage élevé, explosion du nombre d’allocataires du RMI,
économie de comptoir, problèmes sanitaires et pollutions, des problèmes
de logements énormes, désengagement des services publics, dirigeants
d’entreprise et d’administrations majoritairement métropolitains,
reconnaissance des impacts du fait colonial non encore complètement
partagée… Le vocable “outremers” recouvre des réalités, des
quotidiens bien différents, bien que liés entre eux par un constat
commun.
Je veux metrre en oeuvre une organisation administrative choisie : il
s’agit de permettre à chacune des collectivités de disposer d’un
statut adapté à ses réalités et à ses aspirations, sur la base
d’un consentement préalable des populations.
• Le respect et la promotion de la diversité culturelle et linguistique.
• La reconnaissance des droits des peuples autochtones et, en particulier,
leur droit à la propriété foncière collective.
• Le contrôle démocratique et la transparence des fonds européens
pour un alter développement soutenable.
• L’intégration des collectivités d’outre mer dans leur environnement
géographique, notamment à travers la coopération de l’Union Européenne
avec les pays de la zone Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP).
Le traitement des urgences écologiques, sociales et démocratiques
des outremers ne se fera qu’avec les ultramarins et leurs représentants
locaux.
7. Quelle mesure pensez-vous prendre pour remédier au défaut de
continuité territoriale pour les DOM-TOM, notamment en matière de
transports aériens ?
Le caractère indivisible de la République implique une continuité
territoriale du service public pour lutter contre les discriminations
: tout citoyen a le droit de bénéficier du droit d’aller et venir
à des
conditions de sécurité, de prix, et de confort entre l’hexagone
et les collectivités d’outre mer, tout en prenant en compte la nécessité
de diminution de l’empreinte écologique.
8. Que pensez-vous de la reconnaissance politique et culturelle de la
langue créole ? Souhaitez-vous vous y engager ? Et si oui, comment
?
Je crois que la diversité culturelle est une richesse pour la République,
que les langues opprimées ou minoritaires doivent enfin avoir droit
de cité.
Les Verts sont pour la reconnaissance des langues minoritaires. Signée
sous le gouvernement Jospin, la ratification de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires a été bloquée par Chirac
pour non-conformité avec la Constitution en son article 2 qui précise
: « la langue de la république est le français ». Cette reconnaissance
a pour objectif d’une part de parvenir à une « récupération »
linguistique, c’est-à-dire, un rétablissement du bilinguisme dans
les secteurs de la vie publique dans les régions historiquement concernées
et d’aure part de permettre aux langues minoritaires d’êtres parlées
et d’être transmises. Il faut une réforme constitutionnelle permettant
la
ratification de tous les articles de la Charte et ainsi qu’une loi-cadre
en faveur de l’apprentissage des langues opprimées ou minoritaires.
9. Quelle est votre vision des relations entre les anciennes colonies
d'Afrique et la France ? Comment pensez-vous rendre plus équitables
les
coopérations politiques et économiques dans ce domaine ?
Il faut en finir avec la Françafrique. Les relations entre l’ancienne
puissance coloniale et les de nombreux pays d’Afrique sont encore
aujourd’hui marquées par le colonialisme. Corruption et clientélisme
fondent des relations d’un autre temps.
Je veux instaurer un contrôle démocratique des banques et de leurs
filiales de gestion d’actifs financiers, qui sont les véritables
opérateurs de la finance internationale et gèrent l’épargne de
millions de salariés.
La France prendra l'initiative d'une conférence internationale ouvrant
la négociation d'un cadre international juridiquement contraignant
de
responsabilité des entreprises, qui reconnaisse le devoir de
responsabilité sociale, sanitaire et environnementale des acteurs
économiques et, en cas de manquement, la possibilité de sanctionner
les
acteurs défaillants.
Par ailleurs, la politique agricole mondiale mise en place par l’OMC
est un désastre aussi bien pour les peuples, que pour les paysans et
l’environnement. Elle est inégalitaire avec les subventions publiques
à l’exportation, accessibles aux seuls pays riches. Elle ruine et
affame
les pays du Sud qui ne peuvent aider financièrement leurs paysans comme
le font les pays riches. Ces subventions constituent un véritable dumping,
ainsi que vient de le juger l’ORD pour les aides au coton des USA.
C’est pourquoi cette politique agricole doit être profondément transformée.
Il faut reconnaître le droit inaliénable à la souveraineté alimentaire
par groupes de pays homogènes.
Il est également nécessaire de refonder la politique d'aide publique
au développement en instaurant une loi d'orientation et de programmation
pour la coopération solidaire, qui permettra d'atteindre l'objectif
de 0,7 % tout en concentrant l'aide sur les pays les plus pauvres et
sur les besoins fondamentaux. Et au préalable, d'annuler la dette de
manière unilatérale, immédiate et complète pour les pays où elle
est insupportable et en gelant les avoirs des dirigeants corrompus.
10. Quelles mesures pensez-vous prendre en matière d'immigration
?
Comment pensez-vous faire pour que ces mesures ne contribuent pas à
renforcer la précarité, le racisme et la xénophobie ?
Nous sommes pour la régularisation de tous les sans-papiers et
la mise en place d'une autre politique de l'immigration tendant vers
la liberté de circulation et d'établissement. La France a une politique
de
l’immigration très restrictive, alors qu’elle devra sans doute
rouvrir ses frontières pour faire face au « papy boom ». Il y a un
mythe de l’invasion qu’il faut combattre. Alors que la liberté
de circulation était plus facile dans les années 70 entre notre pays
et l’Afrique, aucun afflux massif ne s’est produit au moment de
la grande sécheresse sahélienne. Il faut faciliter la délivrance
de visas long séjour à entrées multiples pour permettre tant la venue
que les retours des étrangers. Il faut permettre aux retraités étrangers
ayant travaillé en France de percevoir leur retraite dans leur pays
plutôt que de les obliger à rester en France.
Il faut dépénaliser le séjour irrégulier. Il faut lutter contre
le travail clandestin, les filières d’immigration et toutes les formes
d’exploitation des étrangers. Il faut faire respecter le droit de
vivre en famille, en particulier en finir avec les situations scandaleuses
que condamnent régulièrement le Réseau Éducation Sans Frontières.
Par ailleurs, il faut mettre en place la possibilité d'"allers-retours"
pour les migrants et des accords contractuels entre l'Union européenne
et les pays du sud pour éviter le "pillage" des pays du sud.
Pour nous, ces deux questions sont liées et c’est pour cela que nous
demandons le transfert des politiques d’immigration du ministère
de l’intérieur vers un ministère de la coopération solidaire. Nous
devons construire des partenariats où tout le monde est gagnant. La
France a tiré profit de
ses anciennes colonies. Il est normal aujourd’hui qu’elle aide ces
pays en modifiant sa politique étrangère en direction des citoyens
et non de gouvernements, souvent arrivés au pouvoir par des coups d’état.
Et si la politique de l’immigration française devait se limiter à
donner des visas à des étrangers hautement qualifiés, cela serait
une forme de néo-colonialisme.
11. Etes-vous favorable au droit de vote des résidents non
communautaires ? Pour quelles élections et à partir de quand ?
Les Verts sont favorables au droit de vote et d’éligibilité
des résidents étrangers pour toutes les élections. Je suis favorable
à cette mesure une fois cinq ans de résidence accomplis. Cette réforme
doit être menée à bien aussi vite que possible. En cas de victoire
de la gauche, la nouvelle majorité doit fixer un calendrier et faire
le choix de la méthode : voie législative ou voie référendaire.
Il faut rappeler que le 3 mai 2000, une proposition de loi constitutionnelle
a été approuvée par l’Assemblée Nationale et transmis au Sénat.
Cette proposition de loi qui donne le droit de vote et
d’éligibilité aux résidents étrangers communautaires n’a jamais
été mise à l’ordre du jour du Sénat.
En fait, nous sommes pour la mise en place d’une citoyenneté européenne
de résidence.
12. Pour ce qui est des populations noires, quelle politique de la
mémoire pensez-vous mettre en place ? Quelle place doit avoir l'école
selon vous dans cette perspective ?
S’il ne convient pas aux femmes et aux hommes politiques d’écrire
l’histoire, il me semble nécessaire que les programmes scolaires
intègrent davantage l’étude de ce que fut la colonisation, la traite
ou
les guerres coloniales.
Je pense également que la célébration de l’abolition de l’esclavage
doit faire l’objet d’une mobilisation réelle des institutions de
notre République.
Enfin, il me paraît indispensable d'instaurer une commission d'historiens
permettant de faire la lumlière sur les crimes de la Françafrique
durant la décolonisation et la période post coloniale
assassinats de Lumumba, Sankara, Olympio, massacres des militants de
l'UPC au Cameroun....).
13. Etes-vous prêt à vous engager en faveur d'un grand centre
international des cultures noires en France ?
C’est une initiative qui me paraît tout à fait intéressante.
Je crois qu’il faut donner de la visibilité et de la légitimité
aux cultures qui font l’histoire de notre pays. Il ne s’agit pas,
contrairement à ce que
certains voudraient faire croire, de diviser notre pays en communauté
mais permettre que notre histoire nationale soit véritablement une
histoire commune, celles de tous les Français.
14. Comment pensez-vous procéder pour que la lutte contre l'insécurité
ne stigmatise pas davantage les jeunes, les Noirs, les Beurs ?
Je crois d’abord que le meilleur moyen c’est d’éviter les
amalgames, de ne pas stigmatiser soi-même les jeunes, de ne pas participer
à la surenchère sécuritaire à laquelle se livre la classe politique
depuis de longues années, avec pour seul résultat tangible la légitimation
des idées xénophobes et racistes. Je crois par ailleurs que le respect
de la présomption d’innocence s’impose à tous, et aux media en
particulier. Il est temps que tout le monde bénéficie des mêmes garanties
et du même respect.
Les forces de l’ordre doivent pouvoir lutter efficacement contre toutes
les formes de discriminations et pour cela, je crois que la formation
des policiers est importante ; elle doit intégrer une sensibilisation
à
la diversité et à la lutte contre les discriminations, non seulement
au moment de leur formation, mais également tout le long de leur carrière.Je
veux créer une véritable police nationale de proximité, qui permette
d’instaurer des liens durables avec la population d’un territoire,
condition d’un meilleur respect mutuel, supprimer la police municipale
et réaffecter le budget dégagé à la médiation et la prévention.
Il faut limiter drastiquement les contrôles d’identité. Une grande
partie des troubles dansles quartiers populaires naissent des dérapages
et des fréquences des contrôles d’identité, qui deviennent des
contrôles au faciès. Ce qui impose de modifier dans ce sens la loi
sur les contrôles et vérifications d’identité du 3 septembre 1986
et celle qui pénalise les rassemblements dans les halls d’immeubles.
15. Quel projet d'avenir avez-vous à proposer à la jeunesse de
ce pays?
Un monde habitable, un monde moins violent et plus juste. Il suffit
de s'en donner es moyens, c'est le sens de la révolution écologique
que je veux engager pendant cette campagne.
DOMINIQUE VOYNET (les verts) MARIE GEORGES BUFFET (PC) SEGOLENE ROYAL (PS) FRANçOIS BAYROU (UDF) NICOLAS SARKOZY (UMP) Haut de page
2. MARIE
GEORGES BUFFET (PC)
1. Quels sont vos projets
en matière de lutte contre les discriminations ?
Il est urgent de se mobiliser pour éradiquer
toutes les discriminations, pour développer l'égalité, comme une
exigence du "vivre ensemble". La politique libérale divise,
met en concurrence, pour mieux faire régner ceux qui profitent de cette
jungle : elle oppose les femmes aux hommes, les jeunes aux vieux, les
travailleurs aux chômeurs, elle oppose les personnes selon leurs origines.
La lutte contre les discriminations doit
être déclarée grande cause nationale et doit concerner tout le champ
des discriminations.
Un bilan annuel sera présenté au Parlement,
suivi de décisions pour mieux faire appliquer les lois. Un corps d’inspecteurs
de la lutte contre les discriminations sera créé. Dans les entreprises,
le respect de l’égalité face à l’embauche, aux salaires, à la
promotion doit être garanti.
La Haute autorité de lutte contre les
discriminations doit être démocratisée, décentralisée et son rôle
renforcé. Elle doit être dotée des moyens nécessaires.
Le mot "race" doit disparaître
dans les textes institutionnels.
Ce sont là quelques-unes parmi les propositions
que je formule.
Mais il est évident que les discriminations
sont largement aggravées par les politiques libérales, des politiques
discriminantes de fait, qui mettent en cause les droits sociaux, les
services publics, développent l’insécurité sociale, celle de l’emploi,
des politiques sécuritaires qui stigmatisent les migrants, qui mettent
à mal la solidarité et contredisent la nécessaire égalité des droits.
La lutte contre les discriminations -toutes
les discriminations- est un combat politique, composante à part entière
d'une autre politique de gauche.
2. Etes-vous favorable à l'usage
des statistiques de la diversité afin de lutter contre les discriminations
raciales?
Concernant les entreprises, il n'est
pas possible de leur permettre de constituer des fichiers de salarié-s
sur une base ethnique. D'une manière générale, la multiplication
actuelle des fichiers est préoccupante. On l'a vu par exemple avec
l'utilisation du STIC qui a entraîné des refus ou des retraits d'agrément
à l'égard de bagagistes de l'aéroport de Roissy.
En même temps, il est nécessaire d'avoir
une connaissance précise de la réalité, pour mieux agir contre les
discriminations. Cela ne peut se faire que par des enquêtes ponctuelles,
sous couvert d'anonymat, et dans le respect des principes de la CNIL.
3. Les populations noires étant
particulièrement exposées au chômage, comment pensez-vous vous y
prendre pour qu'elles ne soient pas les oubliées de la croissance et
de l'emploi ?
Dans une situation de chômage très
important pour l'ensemble de la population, en particulier des jeunes,
la discrimination à l'égard d'une partie de la jeunesse sur une base
ethnique accroît évidemment la situation de cette partie de la population.
La politique que je veux mettre en œuvre
est entièrement tournée vers la création d'emplois, la sécurité
d'emploi et de formation, une lutte résolue contre toute discrimination
à l'embauche.
4. Quels dispositifs pensez-vous mettre
en place en matière de logement social ?
La République française doit garantir,
dans les faits, le droit à un logement décent pour tous et partout.
C'est pourquoi je propose la création d'un service public du logement,
national et décentralisé. Il faut construire 120 000 logements sociaux
par an jusqu'à satisfaction des besoins, mettre en œuvre la réquisition
des logements vacants. Je suis favorable à une Sécurité sociale du
logement, la revalorisation des aides, un coût du logement limité
à 20 % des revenus du foyer, l'aide à la pierre.
J'entends aussi faire respecter la loi
SRU avec le seuil des 20 % qui est un plancher non un but en soi. Il
faut revenir à un budget du logement égal à 2 % du PIB.
Et il faut, immédiatement, interdire
les expulsions.
Là encore, comme en matière d'emploi,
il faut lutter contre les discriminations à l'accès au logement.
5. Quels projets avez-vous pour contribuer
au « mieux-vivre » dans les banlieues?
En Seine-Saint-Denis où je suis élue,
je me suis prononcée pour un plan d'urgence financé par l'Etat. Je
pense que, dans beaucoup de départements, il y a besoin d'opérer un
rattrapage efficace sur le plan économique et social (dans les domaines
de l'école, de la présence de services publics, de la culture, de
l'emploi…).
De plus, tous les phénomènes qui contribuent
à la discrimination et à la stigmatisation doivent faire l'objet d'une
lutte déterminée. La réponse aux questions sociales, éducatives,
culturelles… doit contribuer au vivre ensemble dans les banlieues.
Les institutions doivent avoir des instructions
dignes de la République, à savoir le respect obligatoire de l'égalité.
6. Quelles réformes pensez-vous adopter
à propos du statut des DOM-TOM?
La France doit reconnaître aux populations
et leurs élus des DOM-TOM des responsabilités élargies pour
décider et agir. Ils doivent être les acteurs de l'élaboration et
de la mise en œuvre d'un projet de développement autonome et durable.
Je suis pour garantir à ces populations le droit à déterminer elles-mêmes
l'évolution du statut de leur territoire, dans un processus démocratique.
7. Quelle mesure pensez-vous prendre
pour remédier au défaut de continuité territoriale pour les DOM-TOM,
notamment en matière de transports aériens ?
Cette question recouvre, en réalité,
celle de la réponse aux besoins de transport de ces populations, avec
des prix abordables, ce qui suppose des financements à la hauteur nécessaire.
C'est là encore une question d'égalité des droits.
La libéralisation des transports aériens
a eu des conséquences négatives sur ce point.
8. Que pensez-vous de la reconnaissance
politique et culturelle de la langue créole? Souhaitez-vous vous y
engager? Et si oui, comment ?
J'y suis tout à fait favorable. Le PCF
a d'ailleurs signé la Charte de reconnaissance des langues minoritaires.
Personnellement, je pense qu'il faut aller au-delà. Je propose par
exemple l'apprentissage de ces langues à l'école.
9. Quelle est votre vision des relations
entre les anciennes colonies d'Afrique et la France? Comment pensez-vous
rendre plus équitables les coopérations politiques et économiques
dans ce domaine?
La France perpétue en Afrique une stratégie
de domination visant à défendre ses intérêts et ceux de grands groupes
industriels et financiers. Il faut en finir avec la "Françafrique"
: un bilan complet, objectif, sans complaisance sera effectué dès
les premières années de la nouvelle présidence. Mais l'élaboration
d'une nouvelle politique africaine doit commencer immédiatement, avec
transparence, démocratie, respect des souverainetés, intérêt réciproque...,
en s'appuyant sur les aspirations fortes des peuples africains,
valorisant le rôle des sociétés civiles et des forces démocratiques.
Je m'engage pour une véritable politique
de coopération respectueuse des aspirations démocratiques montantes,
des exigences de l'Etat de droit et des intérêts des Africains. Les
droits économiques et sociaux des peuples africains doivent être respectés,
avec contrôle sévère de l'activité des multinationales, une aide
non conditionnée à des plans d'ajustement structurels.
Je suis pour un contrôle de la politique
africaine de la France : contrôle parlementaire systématique, transparence
totale des actes ; tous les accords d'Etat à Etat, ceux de coopérations,
doivent être rendus publics. Les principes de gestion démocratique
de la politique africaine de la France doivent faire l'objet d'une loi
rendant l'interdiction des pratiques occultes.
La France doit agir au sein des organisations
internationales (ONU, FMI, Banque mondiale, Club de Paris pour la dette
publique...) pour favoriser la lutte contre la pauvreté et le développement
en Afrique.
Les relations entre l’Union européenne
et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique doivent être
démocratisées et transformées afin de répondre aux besoins de développement.
L’aide publique au développement doit
être adaptée aux besoins et sans conditions ; elle doit être augmentée.
10. Quelles mesures pensez-vous prendre
en matière d'immigration ? Comment pensez-vous faire pour que ces mesures
ne contribuent pas à renforcer la précarité, le racisme et la xénophobie?
Dans le programme que je défends figure
l’abrogation de la loi du 24 juillet 2006 qui institue « l’immigration
choisie », et celle de toutes les lois régressives prises au fil des
années à l'encontre des migrant-es.
Ces lois sont dangereuses. Elles stigmatisent
les migrants et instaurent une politique de type néocolonial.
L’immigration "choisie",
par exemple, répond aux seuls besoins du marché en France. C'est une
approche économique, utilitariste et opportuniste des étrangers, qui
ne peut que conduire à l'échec.
Il faut, à mon avis, une autre politique
fondée sur l'accueil, la solidarité, le principe de libre circulation.
Outre le droit de vote et d’éligibilité
des résidents étrangers à toutes les élections, j'entends faire
reculer les situations de clandestinité, avec le respect du droit d’asile,
la régularisation de tous les sans papiers avec un titre de séjour
de 10 ans, la suppression des visas de court séjour, des zones d’attente
et des centres de rétention.
Les migrations de populations ont pris
une dimension internationale nouvelle et durable. Pour une large part,
elles résultent de la misère, conséquence des politiques colonialistes
d’hier et d’un ordre économique mondial injuste qui déstructure
les sociétés et étouffe leurs possibilités de développement.
La France doit être porteuse de l'exigence
impérative de transformations économiques internationales permettant
de faire cesser le pillage des pays d'émigration, y compris de leurs
cadres ou de leurs élites, et de faire reculer l'exode de la misère,
comme je l'ai souligné ci-dessus à propos de l'Afrique.
12. Etes-vous favorable au droit de
vote des résidents non communautaires? Pour quelles élections et à
partir de quand?
Tout à fait. Une de mes premières mesures
sera d’accorder le droit de vote et d’éligibilité à tous les
résidents étrangers et à toutes les élections, après trois ans
de résidence pour les élections locales et dix ans pour les élections
nationales.
Ces hommes et ces femmes travaillent,
ont une vie familiale, paient des impôts, participent souvent à la
vie associative ou syndicale. Ils ne doivent pas être considérés
comme des citoyens de seconde zone. C'est une simple mesure de justice
vis-à-vis de toutes celles et tous ceux qui contribuent à la richesse
du pays, à son développement et à son rayonnement.
C'est aussi une question indispensable
pour que vive une démocratie réelle et une urgence pour sortir de
la crise politique et contribuer à combattre racisme et discriminations.
12. Pour ce qui est des populations
noires, quelle politique de la mémoire pensez-vous mettre en place?
Quelle place doit avoir l'école selon vous dans cette perspective?
L'Histoire de la colonisation doit être
écrite et enseignée. Bien entendu, c'est aux historiens de le faire,
de manière pluraliste, afin qu'une large place soit donnée à la culture
et à l'Histoire des pays concernés. C'est aussi important pour les
personnes originaires de ces pays.
Quant aux pouvoirs publics, ils ont un
devoir de mémoire à accomplir, ainsi qu'un devoir de reconnaissance
de tous les crimes commis dans le cadre du colonialisme.
C'est bien évidemment au nom de cette
conception que je me suis opposée à la loi du 23 février 2005.
13. Etes-vous prêt à vous engager
en faveur d'un grand centre international des cultures noires en France?
Je suis pour la reconnaissance, l'enseignement
et la diffusion de toutes les cultures. L'Histoire et les cultures appartenant
aux peuples qui ont été colonisés ont été largement occultées.
Je suis favorable à tout ce qui peut contribuer à leur reconnaissance
et à leur enseignement, à toute initiative pluraliste nationale, régionale
ou internationale.
14. Comment pensez-vous procéder
pour que la lutte contre l'insécurité
ne stigmatise pas davantage les jeunes, les Noirs, les Beurs?
Je m'oppose de la façon la plus déterminée
à toute stigmatisation de catégories de personnes. Loin de répondre
aux problèmes sociaux, d'insécurité…, elle les accentue et détourne
l'attention populaire vers des boucs émissaires.
A ce titre, l'interdiction des contrôles "au faciès" doit
être absolument respectée.
Pour moi, apporter des réponses à la
souffrance dans les quartiers où se côtoient des jeunes de différentes
origines implique, au contraire, de développer tout ce qui va dans
le sens de la solidarité, la démocratie, la participation de tous
à égalité.
15. Quel projet d'avenir avez-vous
à proposer à la jeunesse de ce pays?
Une grande partie de la jeunesse vit
dans une précarité insupportable. Je veux lui donner priorité. Je
m'engage à mettre en œuvre, dès la première année, une loi d'orientation
pour un engagement national en faveur de la jeunesse. Cette loi
garantira aux jeunes l'exercice de leurs droits fondamentaux : droit
à un emploi durable et correctement rémunéré, au logement, aux transports,
à la santé, à la culture...
Je propose l'instauration d'un droit
à l'autonomie des jeunes, avec l'instauration de trois allocations
différenciées et individualisées (formation, accès au premier emploi,
retour à la formation).
Il faut permettre aux jeunes de participer
pleinement à la définition de leur avenir. Le droit à l'exercice
de la citoyenneté doit être développé. Je propose l'installation
de nouveaux conseils représentatifs de la jeunesse et le renforcement
de ceux qui existent. J'entends aussi soutenir les associations de jeunes.
DOMINIQUE VOYNET (les verts) MARIE GEORGES BUFFET (PC) SEGOLENE ROYAL (PS) FRANçOIS BAYROU (UDF) NICOLAS SARKOZY (UMP) Haut de page
3. SEGOLENE
ROYAL (PS)
Quels
sont vos projets en matière de lutte contre les discriminations ?
Etes-vous favorable
à l'usage des statistiques de la diversité afin de
lutter contre les discriminations raciales ?
Les populations
noires étant particulièrement exposées au chômage,
comment pensez-vous vous y prendre pour qu'elles ne soient pas les
oubliées de la croissance et de l'emploi ?
En
matière de lutte contre les discriminations je veux être la Présidente
d’une République nouvelle qui ne se contente pas de rappeler les
principes, mais qui met en oeuvre des actions concrètes. Toutes les
discriminations seront combattues et sanctionnées dans le cadre de
la loi, c’est l’une des conditions du vivre ensemble et de l’harmonie
sociale.
Cette
bataille doit être menée sur tous les plans, notamment ceux de l’emploi
et du logement, deux domaines où les discriminations ne cessent de
se multiplier. Mon action s’appuiera sur des mesures qui concerneront
aussi bien les entreprises que les grandes administrations et sur la
mobilisation de tous les partenaires sociaux pour leur concrétisation.
Une
des mesures que je propose consistera à mettre en place un bilan de
l’égalité. Ce dernier, à l’instar du bilan social, obligera chaque
entreprise publique et privée à évaluer annuellement sa politique
de recrutement.
C’est
aussi une bataille qui doit être menée dès le départ et à la racine
dans le cadre de l’éducation, car c’est dès le plus jeune que
se construit le respect de l’autre.
De
plus, un plan ambitieux pour l’égalité et la promotion sociale permettra
à 5% des jeunes issus de tous les lycées d’accéder aux classes
préparatoires des grandes écoles et aux formations sélectives.
La
gestion des « statistiques de la diversité » est très délicate car
l’objectif recherché de détecter les discriminations peut se retourner
par le fichage des citoyens en fonction de critères qui sont contraires
à nos valeurs républicaines. Je n’y suis donc pas favorable.
Quels projets
avez-vous pour contribuer au « mieux-vivre » dans les
banlieues ?
Il
y a un an, les banlieues ont connu une crise majeure. Le malaise reste
profond et les ingrédients d’une nouvelle crise sont toujours présents.
J’ai la ferme volonté de prendre ce sujet à bras le corps, à travers
trois objectifs majeurs.
1. Une grande politique de la
ville :
* Une grande politique de la
ville avec une présence renforcée et efficace de tous les services
publiques : santé éducation, sports, culture, …
* Une politique de mixité sociale
réelle pour casser la logique des ghettos et la relégation territoriale.
* Un effort continu de la part
de l’Etat et des régions pour aider les quartiers et les villes en
difficulté.
2. Un soutien accru à tous les
acteurs de terrain, associations, élus de terrains, travailleurs sociaux,
mais aussi aux familles et en particulier aux mères pour leur permettre
d’assurer l’éducation des enfants. J’ai d’ailleurs proposé,
comme l’avait suggéré l’association AC le Feu de mettre en place
des emplois-parents pour soutenir les familles en difficulté.
3. La création d’emplois et
la formation professionnelle, car il ne peut y avoir de solution durable
au problème des banlieues si on n’enraye pas le chômage de masse
en particulier chez les jeunes.
Ma
volonté est de prendre en compte l’énorme potentiel qui existe dans
les banlieues pour en faire un atout pour la France.
Quels dispositifs
pensez-vous mettre en place en matière de logement
social ?
Comme
je l’ai dit précédemment la politique du logement doit s’intégrer
dans une nouvelle politique de la ville. Cette question est un enjeu
majeur.
Je
propose cinq mesures concrètes, bien connues de ceux qui se battent
contre le problème du mal-logement :
1 - D’abord la construction
des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute de respect
de la loi SRU (par certaines communes, en particulier de droite), ne
sont pas construits.
L’Etat
se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme
territorial en y lançant lui-même les programmes de logement nécessaires.
C’est
donc à la puissance publique de jouer pleinement son rôle, pour que
le droit opposable au logement ne soit pas qu’une promesse électorale.
2 - La création d’un
service public de la caution permettra d’assurer les impayés de loyer
et d’éviter les expulsions.
3 - Il faudra mettre
en location les logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés
les logements inoccupés depuis plus de deux ans. Parallèlement, nous
permettrons aux communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.
4 - L’accès à la
propriété sera favorisé et encouragé par l’extension des prêts
gratuits. Aujourd’hui, les Français aspirent à la propriété de
leur logement. Je veux que ce soit possible et que notamment ceux qui
ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant
quinze ans puissent accéder à la propriété.
5 - Enfin, avec les Régions,
l’Etat aidera à la mise en place d’un programme de logement pour
les étudiants et les jeunes travailleurs.
Quelles réformes
pensez-vous adopter à propos du statut des DOM-TOM ?
Quelle mesure pensez-vous prendre pour remédier au défaut de continuité
territoriale pour les DOM-TOM, notamment en matière de transports aériens
?
Que pensez-vous
de la reconnaissance politique et culturelle de la
langue créole ?
Souhaitez-vous
vous y engager? Et si oui, comment?
Le
thème des DOM-TOM est, lui aussi, central. Les outre-mers doivent se
sentir pleinement dans la République. Mon premier objectif c’est
leur développement économique.
Le
PIB des outre-mers est encore inférieur à 50% par rapport à la moyenne
communautaire ! Il convient donc de susciter la création d’activités
en réduisant les charges des entreprises dans le cadre d’une réflexion
à mener sur des zones franches globales.
Concernant
la lutte contre le chômage, j’ai proposé à Vauclin (Martinique)
différentes pistes : l'augmentation du cofinancement par l'Etat du congé
de solidarité, permettant à des jeunes des DOM-TOM de prendre l'emploi
d'un senior de 55 ans ; l’
|