Le service « dl.free.fr », en place depuis maintenant deux ans, permet à tous les internautes (abonnés Free ou non) de s’échanger des fichiers de tous types, d’une taille inférieure ou égale à 10 Go. Même si Free avertit l’utilisateur des conséquences des « échanges illicites d’enregistrements et d’œuvres protégées », aucun système n’interdit les fichiers piratés de circuler par ce service. De ce fait, selon certains producteurs de cinéma et de musique, il s’agit là d’une aide au piratage. Cette mise à jour est d’autant plus mal perçue qu’elle intervient dans le cadre de la mission « Olivennes », du nom de son président : fournisseurs d’accès et ayants droit se concertent presque chaque semaine afin de résoudre le problème du piratage en ligne et développer l’offre légale.
L’alerte a été donnée en premier lieu par l’APC (Association des Producteurs de Cinéma), suivie par la SPPF (Société civile des Producteurs de Phonogrammes en France) qui représente les labels de musique indépendants. Cette dernière déclare que « Cet outil va donner un nouvel essor à la contrefaçon numérique », soutenue par l’APC : « Free affiche un mépris inégalé pour la propriété littéraire et artistique ». L’APC demande également le retrait des FAI (Fournisseurs d’Accès Internet) des négociations en cours : « Free tente de vider de son sens la mission confiée à Denis Olivennes et se disqualifie pour la suite de celle-ci. »
Pour la première fois, un FAI est nommé par les ayants droit, même s’il s’agissait déjà, jusqu’à maintenant, d’allusions plutôt vagues envers les fournisseurs d’accès. En réponse à ces accusations, Free se défend de toute provocation et se déclare surpris par ces attaques, alors qu’il n’a fait aucune publicité concernant la mise à jour de son service. Il rappelle aussi que des équivalents de son produit sont également proposés sur Internet, certains par ses concurrents. Ainsi sans le nommer, Free fait référence au service Neuf Giga, proposé par Neuf Cegetel. Ce dernier compense ce choix par le lancement en août, avec Universal, d’une formule de téléchargement légal comprise dans son forfait ADSL. Free se fait donc rappeler à l’ordre pour la deuxième fois en quelques semaines. En effet, en septembre, Free s’est vu contraint de fermer 14 newsgroups soupçonnés de servir de plates-formes de piratage à ses abonnés.
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