|
Bienvenue sur NetMassif.Com,
Actus
Dossier pesticide : Le gouvernement minimise!
|
Infos article |
Par Rico
Publié le 25/09/2007 18:47 Consulté 764 fois
0 commentaire
Rubrique
Actus
|
Ne pas dramatiser, telle est la réponse du gouvernement après la remise du rapport Belpomme concernant la pollution au pesticide des sols agricoles antillais!
|
|
Le rapport du professeur Dominique Belpomme, rendu public il y a maintenant une semaine à certes créé la polémique mais ne semble pas se révéler comme un soucis majeur pour le gouvernement.
Certes, il est indéniable que les sols agricoles antillais sont pollués et cela pour des décennies, mais est-ce une raison de crier au "désastre sanitaire"? Pas de quoi en faire un drame répond le gouvernement! Tout est déjà mis en œuvre, les eaux et les aliments sont régulièrement contrôlés et rien à signaler!
La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a simplement appelé les populations à la prudence en limitant la consommation de produits issus de jardins familiaux et d'eaux de source non-embouteillées à "deux fois par semaine". Merci! On a cru que cela était plus grave! On est rassuré!
Les producteurs de banane entrent également dans la brêche, minimisent l'étendue des dégâts et dénoncent une "forme de médecine populiste" de la part du professeur Belpomme. Selon le président du groupement des producteurs de banane antillais, Eric DE LUCY, il ne resterait que "des traces dans les sols martiniquais et guadeloupéens" et seul "15 à 20% des sols" seraient contaminés, "ces traces" devraient mettre "entre 30 et 50 ans à disparaître" (lejdd.fr).
Manger des bananes qu'il disait!
Pourtant, les conclusions du rapport Belpomme sont bel et bien réelles, et sont de plus rendues publiques depuis plusieurs années par le biais de la mission parlementaire d'information sur la pollution existant aux Antilles françaises par le chlordécone.
Alors de qui se moque-t-on? Un rapport rédigé par deux inspecteurs généraux des affaires sociales et de l'environnement, décrivait déjà, il ya plus d'un an, un état de pollution "difficilement admissible" ainsi que les risques sanitaires courus par la population (cancers, troubles neurologiques et de la reproduction).
Seulement,la publication du rapport Belpomme, bien plus médiatisé, a très vite inquiété le gouvernement qui craignait le scandale. Ainsi, dès juillet 2007, après avoir pris connaissance des éléments de son enquête, la Mission interministérielle et interrégionale chlordécone (encore une autre commission bien peu connue), préparait déjà la riposte, au sein d'une note interne : « La crise est extrêmement grave.[...] Il faut réaliser un énorme travail de communication afin de répondre à l'inquiétude de la population et au ressenti actuel d'insuffisance des pouvoirs publics. » Puis en août : «Attaquer D. Belpomme sur son manque de rigueur, ses approximations et affirmations sans preuve pouvant aller jusqu’à l’imposture, quand il affirme le contenu purement scientifique de son rapport, pourrait n’être pas de bonne politique, vu la notoriété du personnage et sa capacité de prendre le public à témoin si on le martyrise. La réponse devra donc être indirecte […]. Elle ne doit pas venir de l’Etat mais des chercheurs et instituts attaqués, au risque d’alimenter la thèse qu’ils sont à la botte.»
La pollution des sols par le chlordéconne est désormais indéniable reste encore à prouver le lien entre les taux de maladies (cancers de la prostate, troubles neurologiques et de la reproduction) plus élevés aux Antilles que partout ailleurs dans le monde et l'utilisation du pesticide. «On nous dit d’attendre le résultat des enquêtes épidémiologiques, ça fait trente ans qu’on les attend» déclare Harry Durimel, chef des Verts en Guadeloupe, qui a d'ailleurs déposé une plainte pénale pour empoisonnement. Plainte, pourvu en cassation en août dernier, par la ministre de la justice Rachida Dati, pour non recevabilité, alors que cette même plainte avait été validée en première instance puis en appel.
Origine ethnique ou habitude alimentaire? Toute la semaine dernière, les institutions du gouvernement chargées de casser le rapport Belpomme ont fonctionné à plein régime. L'INVS (Institut National de Veille Saniataire) diffuse, le jour même de la publication du rapport Belpomme, une note adressée aux média: « Aucun lien démontré. La plus grande fréquence du cancer de la prostate aux Antilles par rapport à la métropole peut être expliquée par l'origine ethnique de la population. » Cependant, selon le site Madinin'Art, ce même institut déclarait en juillet 2006 que «3% des Martiniquais [ c-à-d environ 12 000 personnes] seraient, du fait de leur habitude alimentaire, au delà de la dose journalière admissible [ de pesticide ]».
La vérité est certainement ailleurs...
à lire également :
|
|
|
^ Haut de la page ^
|
|