Présidentielle : Royal, Bové puis Sarkozy se prononcent sur les ravages singuliers de l'épidémie de VIH/sida parmi les populations noires en France
(Résumé - Trois candidatEs à la présidentielle ont répondu à la lettre adressée à touTEs les candidatEs, le 24 janvier, par des associations présentes aux côtés des personnes noires vivant avec le VIH/sida. Madame Royal ouvre des perspectives pertinentes et crédibles, mais sa vision de la question noire reste à débattre. Monsieur Bové est plus que pertinent, mais reste peu susceptible d'emporter le scrutin. Monsieur Sarkozy n'est pas dépourvu de pertinence... mais son bilan au gouvernement rend son propos difficilement crédible)
Paris, le vendredi 20 avril 2007 Communiqué de presse n°ANA2007/91
Le 24 janvier, des associations présentes aux côtés des personnes noires vivant avec le VIH/sida demandaient aux candidatEs à la présidentielle : 1°/ de rencontrer des malades et des activistes du sida durant leurs séjours dans les DFA (départements français d'Amérique : Guyane, Martinique et Guadeloupe) ; 2°/ de manifester leur soutien aux associations de malades et aux populations touchées par l'épidémie (notamment les femmes, les étrangerEs, les gais, les bisexuelLEs, les trans, les usagerEs de drogues ou les travailleurEUSEs du sexe) ; 3°/ de prendre des engagements clairs, concrets et chiffrés, en termes de politique de prévention notamment, sur la lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles en France ultramarine et, plus largement, parmi les populations noires en France [1]
Au total, quinze associations (An Nou Allé, Act Up-Paris, Afrique Avenir, le CRAN, Actions Traitements, APA, Aides, ELCS, Gay-Union, Homo-Sphère, Kannel, Kaz'Arts, l'UNOM, Sida Info Service et Sidaction) ont interpellé successivement Madame Royal (le 24 janvier), Monsieur Sarkozy (le 21 mars) ou Monsieur Bayrou (le 29 mars) avant leurs passages respectifs dans les DFA.
Trois candidatEs ont répondu : Madame Royal (le 2 avril) [2] et, de manière plus tardive mais plus dense, Monsieur Bové (le 10 avril) [3] puis Monsieur Sarkozy (le 18 avril) [4]. Le texte intégral de leurs réponses est annexé ou disponible sur notre site Internet : http://www.annoualle.org/2007/20070420-01.html. AucunE d'entre eux n'a satisfait à notre premier chef de demande (rencontrer des malades et des activistes dans les DFA...).
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CONCERNANT NOTRE DEUXIÈME CHEF DE DEMANDE (MANIFESTER UN SOUTIEN AUX ASSOCIATIONS ET AUX POPULATIONS TOUCHÉES...), Madame Royal se prononce «en faveur d'un changement fort de la politique de lutte contre le sida» qui s'appuierait «sur trois axes : la prévention et la recherche, l'amélioration des conditions de vie des malades et un soutien aux pays en développement dans leur lutte contre la maladie».
Monsieur Bové propose aussi d'orienter la politique de lutte contre le sida dans trois directions : «Permettre à l'ensemble des personnes présentes sur le territoire national, françaises ou étrangères, en situation régulière ou non, d'accéder aux soins et au dépistage» ; «[Lutter] contre les discriminations» ; «[Lutter], notamment dans les DOM-TOM, contre l'homophobie».
Monsieur Sarkozy affirme qu'il lui paraît «nécessaire d'accentuer nos efforts» contre le sida. Concernant les DFA, il propose «d'adapter notre politique de prévention à la spécificité de ces départements». Concernant «les populations les plus touchées vivant sur le territoire métropolitain, et notamment les populations noires», il propose de «continuer à informer sans tabou».
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CONCERNANT NOTRE TROISIÈME ET DERNIER CHEF DE DEMANDE (PRENDRE DES ENGAGEMENTS CLAIRS, CONCRETS ET CHIFFRÉS...), seule Madame Royal avance une mesure chiffrée : «la mise à disposition de préservatifs à vingt centimes d'euro» sur le «territoire métropolitain» comme dans les «Outre-Mers», où la candidate socialiste envisage plus particulièrement «de grandes campagnes d'information et de prévention».
Monsieur Bové prévoit le remplacement de l'AME par une CMU «vraiment universelle», la reconnaissance d'un droit au séjour médical, la multiplication des antennes de dépistage, «mobiles éventuellement», la reconnaissance des statistiques de la diversité, la régularisation des sans-papiers, la réduction «drastique» du coût des préservatifs féminins et le financement de recherches en vue de diversifier les moyens de protection (notamment pour «produire des microbicides qui permettraient aux femmes de se protéger sans demander son avis au partenaire masculin»).
Monsieur Sarkozy estime que les DFA «doivent bénéficier de moyens particuliers» (qu'il ne détaille pas). En France hexagonale, le candidat de l'UMP compte s'appuyer sur les «associations qui connaissent le mieux» les populations les plus touchées et sur les «services publics avec lesquels ces populations sont le plus souvent en contact» (par exemple, «la protection maternelle et infantile»).
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S'IL CONVIENT DE PRENDRE ACTE DES ENGAGEMENTS PORTÉS PAR CES TROIS RÉPONSES, il est possible de relever une contradiction dans le propos de Madame Royal qui reconnaît qu'une «politique de santé efficace suppose des campagnes de prévention adaptées à des publics ciblés», mais qui refuse de «retenir le critère de la couleur de peau» qu'elle juge «contraire à nos valeurs républicaines».
Il est ensuite possible de reconnaître à Monsieur Bové d'être le seul candidat à faire explicitement le lien entre le VIH/sida, le sexisme, l'homophobie et les exclusions (des trans, des étrangerEs, des personnes incarcérées, des populations noires et ultramarines...). Selon le candidat altermondialiste, «chacun sait que l'on se protège mieux lors de rapports sexuels assumés que lors de rapports sexuels dont on a honte : c'est pourquoi il faut aider les associations qui luttent pour la reconnaissance des droits des homosexuels aux Antilles, An Nou Allé par exemple ; c'est pourquoi on ne peut pas laisser tenir des propos homophobes par des responsables politiques, sous prétexte qu'ils sont antillais [...]».
Il est enfin possible d'interroger la mention spécifique, par Monsieur Sarkozy, de «flux permanents de touristes, de saisonniers et d'immigrants» dans les DFA. Entend-il développer les politiques de prévention destinées à ces populations, ou amalgamer la lutte contre les «flux de saisonniers et d'immigrants» à celle contre le VIH/sida ? Le candidat de l'UMP conclut sa réponse en nous présentant l'assurance que la «question de la prévention et de la lutte contre le sida» est pour lui «essentielle». Au vu de son programme et de son bilan de ministre de l'intérieur ou de l'économie durant la législature qui s'achève [5], il est difficile de recevoir cette assurance.
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Pour AN NOU ALLÉ ! CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer | Association des NoirEs LGBT & de leurs amiEs en France, le Secrétaire général, David Auerbach Chiffrin +33 (0)612 951 621 contact@annoualle.org |
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Pour Kaz'Arts (Association gay et lesbienne afro-antillaise en France), la Présidente, Mariejo Soares |
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Pour Aides, le Président, Christian Saout |
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Pour ELCS (Élus locaux contre le sida), le Président, Jean-Luc Roméro |
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