Au moment où un film documentaire antillais se joue actuellement dans les salles obscures, "L'avenir est ailleurs", je vous propose de faire un petit tour d'horizon du petit et grand cinéma antillais.
Le cinéma antillais,
né à la fin des années 60, se caractérise par des oeuvres engagés, et
des films d'auteurs, tournant beaucoup autour des thèmes de l'identité,
de la reconnaissance, et du malaise à l'histoire.
Les oeuvres considérées comme classsiques par la communauté sont bien entendu "La rue case-nègre" d'Euzhan Palcy, "Simeon" mettant en scène le groupe de zouk Kassav, ou plus récemment "Nèg Marron", qui renouvelle et rajeunie le genre. Dans
les moins connus, on trouvera aussi "Chronique d'un retour" de Jacques
Ferlu datant de 1971, "Coco La Fleur" et « 1802, l?épopée
guadeloupéenne » de Christian Lara. La nouvelle génération, celle de
"Nèg Marron" s'exprime aussi dans le film "Tèg gréné" de Christian
Grandman. A venir aussi, "L'affaire Aliker" met en scène entre autres Stomy Bigsy et est actuellement en cours de tournage.
Je dois avouer n'avoir vu que les plus connus de tous ces films. On comprendra par là, que ce cinéma antillais
patit surtout d'un manque de moyens, d'investissements, de promotion et
de distribution... Ces oeuvres ont le mérite de mettre en avant des
faits historiques, ainsi que des malaises des sociétés antillaises.
Elles jouent un rôle psychanalitique et comble un manque (de
connaissance historique et de reconnaissance sociale), que seuls les
antillais peuvent combler. Il perpétue et élargit la tradition
littéraire antillaise, qui a vu s'imposer des auteurs reconnus dans le
monde entier, autour de sujet relatifs à l'histoire et aux malaises des
sociétés antillaises.
L'évolution du cinéma antillais est, je
l'espère, de toujours explorer de nouveaux genres, et dans la volonté
de se "banaliser", de produire des oeuvres toujours plus grand public,
toujours plus grand spectacle, toujours plus "bankable"... Action,
horreur, aventure, comique : les cultures créoles caribéennes
fourmillent de références permettant à des scénaristes de s'essayer à
tous ces genres. Le marché caribéen devrait être le coeur de cible des
sociétés de production, puis leurs diasporas, et en banalisant le
genre, ce cinéma s'ouvrira naturellement aux autres marchés
"traditionnels". Cela permettrait l'apparition d'une véritable
industrie cinématographique locale, et la diffusion et la promotion
d'une culture spécifique à la Caraïbe.
Pour finir, une petite
pépite. Pourquoi pas la première oeuvre initiant le nouveau cinéma
antillais ? Moi j'y crois. Une oeuvre de jeunes guadeloupéens avec une inspiration tarantino, très inspirée tout simplement.
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