[wWw.NetMassif.Com: Accueil]
Accueil Recherche  Blogs    Forum    À propos...   
Membres:
[mot de passe oublié?]
Blogs Sa Pa Zafèw
puceAccueil Blog
puceCrée Ton Blog
puceForum BLogs
Rubriques
puceActus
puceCommunniqués
puceZoOm - Débats
puceLes Insolites
puceActus Muzik
pucePLan-moUV
puceCulture
puceLittérature
puceCinéma
puceSports
puceBeauté Noire
puceJeux Vidéos
puceWeb et Informatique
puceSexualité
Fun
puceDomino Ka Tonbé
puceFBM
puceWebTV
puceWebRadio
puceBlagues
À propos de..
puceNetMassif Association
puceNos Partenaires
puceNos annonceurs
puceDeviens Rédacteur




Bienvenue sur NetMassif.Com,
Divers
C’était en Mai 1967, en Guadeloupe…
Infos article
Par fruiyapin
Voir le profil de ce membre
Publié le 14/05/2008 03:04
Consulté 1321 fois
0 commentaire
Rubrique
Divers

Envoyer cet article par e-mail Imprimer cet article
Si l’on demande aux jeunes guadeloupéens, aujourd’hui, ce que leur inspire Mai 1967, peu d’entres eux sauront ce qui s’y est déroulé, et pourtant, il s’agit d’un pan dramatique de l’histoire de l’île.

Publicité

A cette époque, la Guadeloupe se relève péniblement du passage du cyclone Inès, qui a dévasté l’île en septembre 1966, laissant derrière lui un des morts et un champ de ruine.
Dans les années 1960, la Guadeloupe est miséreuse. La situation sanitaire des villes est catastrophique. On y crève la gueule ouverte. Les nègres se tuent au travail dans les champs de canne pour un salaire minable. Pointe-à-Pitre est le royaume de la débrouillardise: des milliers de djobeurs, de charoyeurs de sacs de ciments, de vendeurs à la sauvette se débattent du pipirit chantant jusqu’au couché du soleil, de la Darse à la Place de la Victoire.
Le climat social est tendu, et le 26 mai 1967, une foule se rassemble devant la Chambre de Commerce, à Pointe-à-Pitre. Il s’agit principalement d’ouvriers du bâtiment, en grève depuis le début du mois. Les négociations menées par le syndicat CGTG sont au point mort, et ces solides gaillards sont venus soutenir leurs représentants syndicaux. Leur demande? une augmentation des salaires de 2%. Parmi les manifestants, on peut noter la présence de militants du GONG, (Groupe d’organisation nationaliste de la Guadeloupe), première organisation indépendantiste de la Guadeloupe.
Sous le soleil de midi, les manifestants apprennent que les négociations sont rompues. Pas d’augmentations, pas de journées moins longues, pas de protections au travail. Rien! Pire encore, le représentant du patronat, Mr Brizzard, aurait même dit: “Quand les nègres auront faims, ils reprendront le travail!”.
La rumeur (ces paroles ont-elles vraiment été prononcées?) se répand dans Pointe-à-Pitre aussi vite qu’un zandoli qui décampe. La tension monte d’un cran, et les têtes nègres commencent à s’agiter: “qui est ce monsieur Brizzard? où est-il? qu’il vienne négocier avec nous, han!.

Positionnées devant la Chambre de Commerce et sur la Place de la Victoire, les forces de l’ordre chargent pour, semble-t-il, protéger la sortie du représentant du patronat. Les bombes lacrymogènes pleuvent, et les coups de matraques, les coups de crosses, cassent les têtes comme des cocos secs. Bim! Ouach! la colère éclate du côté des manifestants, qui ripostent en lançant des pierres, des bouteilles, des conques de lambi. Pointe-à-Pitre s’embrase peu à peu. Sans sommations, les CRS alignent les manifestants et tirent. Les nègres tombent comme des mouches, raides morts. Parmi les premiers touchés, on trouve Jacques Nestor, militant du GONG très populaire à Pointe-à-Pitre. Salement touché au dos, il meurt à l’hôpital.
A partir de là, la colère est incontrôlable; elle se déverse telle de la bile dans les rues de la ville. De la Darse à la Place de la Victoire, en passant par le rue Frébault, des groupes de forment, traqués par les CRS qui tabassent, rossent et arrêtent tout ce qui ressemble à un nègre. Les voitures sont brulées, les commerces de la ville sont mis à sac, les manifestants ont sorti leurs armes: des lances-pierres, des coutelas, des fusils issus du pillage de l’armurerie de Pointe-à-Pitre. En fin d’après-midi, on compte déjà une quarantaine de blessés, dont les trois quarts sont des civils. Les jeunes entrent également dans la danse.

Pendant trois jours, Pointe-à-Pitre se transforme en antichambre de l’enfer. On tente de dresser des barricades en évitant les balles, on court, on se bat comme des damnés. Les rues boivent le sang des hommes, blancs ou nègres, peu importe. Solange Coudrieux, professeur de gymnastique reconnu et populaire à la jambe arraché par une balle. On doit l’amputer. Le sport pour lui, c’est fini. Les gens sont même tués pendant les lugubres, et silencieuses veillées mortuaires de leurs camarades. Les mères et les femmes pleurent les fils et les maris qui ne sont pas rentrés. Les cases de Pointe-à-Pitre ressemblent à des tombeaux muets.

Peu à peu, le calme revient. Le 28 Mai, on ramasse les corps mutilés et criblés de balles. On se rend compte que les CRS utilisaient des balles dum-dum, celles qui explosent délicieusement après avoir pénétrés la chair tendre. Selon les rapports officiels, on compte huit morts. Ce n’est qu’en 1985 que l’on su qu’il y avait eu au moins 87 morts. Les jours qui suivirent donnèrent lieu à une vague d’arrestation parmi les militants du GONG qui furent emprisonnés et envoyés en France métropolitaine pour atteinte à l’intégrité du territoire national.

Maintenant, vous ne pouvez pas dire que vous ne savez pas.
Sonjé Mé 67!

www.fwiyapin.fr




^ Haut de la page ^

Commentaires
Deviens Membre de NETMASSIF.COM et Réagis à cet Article!!


En application de la loi nº 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, tu disposes des droits d'opposition (art. 26 de la loi), d'accès (art. 34 à 38 de la loi) et de rectification (art. 36 de la loi) des données te concernant.

NetMassif.Com v2.2 - Le Portail Antillais - Portail des Antilles Guyane DOM-TOM

Liens partenaires : Studyrama - FwiYapin - annuaire-liens - Annuaire Webmaster - Annuaire Bleu


Copyright NetMassif© 2002-2010 - Déclaration CNIL n°833296 - Design : TRACKMAN WORLD © & SUZUKUBE
Informations légales : NETMASSIF Association loi 1901 - N° SIRET 483 947 271 00019