La belote
La belote, c’est un peu l’épreuve reine, avec laquelle on ne rigole
pas (beaucoup). L’objectif à atteindre, est bien sûr le redoutable
“capot” qui permet d’humilier l’équipe adverse.
Comment apprendre à jouer à la belote? S’il y a des règles bien
définies, la transmission du savoir reste assez mystérieuse…personne
n’a réellement appris, et ce ne sont surtout pas les oncles et les
tantes qui y jouaient une bonne partie de l’après-midi, après les repas
de famille du dimanche qui vont vous livrer les clés du jeu. La science
de la belote passe beaucoup par l’observation du jeu, des attitudes
des “grands”. Le lycée représente une phase importante de
l’apprentissage de la belotte, car c’est là que l’on met en pratique
les observations de toute une vie. Eh oui chers parents, sachez que
parfois, au lieu d’aller résoudre des équations en cours de maths, les
petits négrillons comptent plutôt les atouts (chère mère, si tu me lis…)
La belote est moins festive que les dominos: le silence est réclamé
sur la table, même si les blagues et les moqueries peuvent fuser.
D’ailleurs, certaines parties de belote sont tellement sérieuses que
ça en devient parfois étouffant, particulièrement lorsque que vous,
jeunes joueurs, passez de la table des lycéens à celle des “grands”.
Tonton n’a pas envie de perdre, et dès que vous faites une magie sur la
table, il vous reprend d’une bonne volée de bois vert! et dès que le
coup de carte est fini, il autopsie votre jeu, et pointe tous les
moments où vous auriez du jouer cette carte plutôt qu’une autre…mais
oui, c’est le passage obligé pour devenir un docteur ès belotte…
Le domino
Le domino parait d’entrée plus festif: les joueurs parlent, envoient
des blagues, et fessent les dominos sur la table afin de faire le plus
de bruit possible. Le jeu est, semble-t-il, dépassé par la belotte et
moins populaire chez les jeunes. L’image du grand-père jouant au
dominos sur une table en bois branlante, dans un ti lolo, un feu posé à
ses côtés est une image que j’ai souvent vu dans mon quartier.
Attention…beaucoup pensent que le domino est un jeu qui ne demande
aucune réflexion…qu’ils se détrompent, car il ne s’agit pas de coller
des dominos, au risque de vous prendre plein de blagues dans la
tronche, de rentrer chez vous avec une valise de cochons…
Un autre atout des dominos réside dans ses expressions, que l’on hurle
lorsqu’on frappe le domino sur la table. Ces expressions sont propres à
chaque joueur, mais on retrouve quand même un socle commun: Pour le 3: Twoilèt’ Pour le 4: Katrin’ dè Médisis’ Pour le 5: Sinkèd’ matin Pour le 6: Sizan’ ma femme
Eh puis il y a les expressions personnelles. Sur des tables de
joueurs de dominos, on peut entendre des blagues magistrales (sauf
lorsqu’elles vous sont destinées). Un jour, étant boudé, j’ai frappé
sur la table en bois avec mes phalanges (comme quand on frappe à une
porte) pour montrer que je ne pouvais pas jouer; mon adversaire s’est
alors levé, s’est dirigé vers la porte d’entrée et à ouvert. Puis, de
sa voix de tafiateur, s’est exclamé: “oh oh, pani pon moun ka fwapé la.
An kompren’ té ni moun ka fwapé”, le tout, suivi évidemment d’une belle
volée de rires des autres adversaires…
Donnez-nous votre sentiment sur ces jeux, donnez-nous vos expressions aux dominos!
Plutôt belote ou dominos?
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